La Grande Histoire

Au nord-est du département du Cher dans le canton de Sancerre, la commune de Verdigny jouxte Sury-en-Vaux au nord, Sancerre au sud, Saint-Satur à l’est et Menetou-Râtel à l’ouest. D’une superficie de 499 hectares, elle est la plus petite commune du Sancerrois avec Bué et Saint-Satur.

L’altitude minimale est de 180 m à la croix Poignant ; l’altitude maximale, de 344 m à la borne de Montdamné (carte IGN 2422E).

Verdigny est située à l’ouest de la faille de Sancerre sur une assise géologique calcaire de l’ère Mésozoïque (Secondaire). On relève la présence de deux grands types de sols qui influencent le style des vins : les calcaires, terrains pierreux appelés griottes et caillottes sur les séries de l’Oxfordien supérieur au Kimméridgien inférieur et du Tithonien (ex Portlandien) et les marnes argilo-calcaires appelées terres blanches sur les couches du Kimméridgien inférieur à moyen dans les zones les plus pentues et les plus élevées.

Plusieurs collines marquent le relief : La Côte de Verdigny et La Côte de Chaudoux à l’ouest, La Crêle à l’est, La Perrière et Les Renardières au sud.

En 2012, la commune compte 302 habitants pour une densité de 61 hab./m2.   
Gentilé : Verdignaciens, Verdignaciennes.

Située au cœur de l’aire AOC Sancerre, son économie est essentiellement viticole. 255 ha de vignes et 181 ha de terres labourables sont exploitées (données 2006). Il y a deux siècles, 129 ha de vignes seulement l’étaient pour 338 ha de terres (matrice cadastrale de 1824). Sur la période considérée, la superficie des terres labourables est divisée par deux alors que celle des parcelles plantées en vignes a doublé.

Nombre d’exploitants viticoles :

Année

1979

1982

1988

1993

1998

2001

2007

2012

Nb

77

65

49

51

42

38

37

35

Certains exploitants viticoles exercent une activité de négoce. La commune compte également deux entreprises d’artisanat et une auberge.

La terre et seigneurie

Il est difficile de se faire une idée précise des origines de Verdigny, les documents les plus anciens donnant peu de précisions. Dans son Dictionnaire topographique du département du Cher (1926), Hyppolite Boyer cite Verdiniacum en 1159. Selon certains commentateurs, les toponymes gallo-romains en –(i)acum seraient formés sur des noms de propriétaires fonciers. La terminaison est devenue –igny, –ignac selon les régions.

Plusieurs parchemins du 13e siècle font état de transactions entre le chapitre de Saint-Pierre-le-Puellier, l’abbaye de Saint-Satur et plusieurs détenteurs ou prétendants aux dîmes de Verdigny. Les droits payés au chapitre de Saint-Pierre-le-Puellier confirment que celui-ci est le seigneur de Verdigny. En 1576, le chapitre de la cathédrale Saint-Etienne de Bourges acquiert la terre et seigneurie de Verdigny ; il la conservera jusqu’à la Révolution.

Le chapitre confie l’administration du domaine à un fermier. Celui-ci est tenu de pourvoir aux charges ordinaires de la seigneurie, c’est à dire payer les gages des officiers de la terre et justice : le bailly, le lieutenant, le procureur fiscal et le greffier.

Après 1576, le chapitre de Saint-Etienne afferme l’ensemble de ses seigneuries sancerroises (Sury-en-Vaux, Bué, Chavignol, Verdigny et dépendances) à un fermier général qui sous-loue les revenus de chacune des paroisses.

La justice relève du siège de Concressault. En 1609, le lieutenant juge ordinaire du bailliage de Sury-en-Vaux ordonne que la justice de Verdigny s'exercera dorénavant à Sury-en-Vaux. La décision est confirmée en 1637 par l'intendant de la généralité de Bourges.

Le chapitre possède un pressoir qui était situé à l’emplacement du presbytère. Le bail de la terre, justice et seigneurie de 1551 précise les servitudes qui y sont attachées et en donne la description : "Et feront lesd. vénérables faire réparer et mestre en bon et suffisant estat audict preneur au commancement de son adcensse leur pressouer qui est en leur grande maison dudict Verdigny et les cuves à faire vin si elles ne y sont par ceulx qui sont encoure à présent leurs fermiers de ladicte seigneurie ainsi qu’ils sont tenuz par le bail à eulx faict. A scavoir rendre ledict pressouer garny d’arbre, soubzarbre, la mée d’icelluy garnie de six soubzbans, cinq soulles, quatre jumelles, le chaps garny de ses ligatures, ensemble de la viz et escroux, sept hays à mectre faire le marc, plotz et cinq esguilles à presnyer, deux grandes cuves à faire vin, l’une tirant huict thonneaux de vin, l’aultre cinq tonneaux ou environ et seize solyneaulx qui sont sur les murailles dudict pressouer, et d’aultres utils et boys dudict pressouer. Icelluy pressouer entretenir de couverture et aultres chouses nécessaires."

Le pressoir semble être correctement entretenu si l’on en juge les clauses figurant dans les baux passés par le chapitre de  Saint-Pierre-le-Puellier au cours de la première moitié du 16e siècle. En revanche, on peut s’interroger sur l’attention portée à son égard par le chapitre de Saint-Etienne. Ce dernier a probablement privilégié l’entretien de ses immeubles à Sury-en-Vaux. Laissé à l’abandon, le bâtiment se détériorera au point qu’en 1660, il est qualifié de ruine.

L’abbaye de Saint-Satur détient un pressoir à Chaudoux, cité en 1449 dans une enquête relative à la dîme de Chaudoux. Le 20 août 1620 un "bail à rente et cens de la place du pressoir de Chodoux" est passé entre l’abbé de Saint-Satur et Louis Delaporte laboureur demeurant au village de Chaudoux pour "une place de mazure ou autrefois étoit basty un pressoir dépendant de cette abbaye assis audit Chaudoux paroisse de Verdigny."

L’église et la paroisse

L’église

L’église primitive, estimée du 12e siècle, comporte une nef principale de 17,5 m de longueur par 6 m de largeur (cotes intérieures) ; la façade nord est éclairée par une fenêtre. La nef s’ouvre au sud sur la chapelle de la Vierge, éclairée par trois fenêtres. Derrière le chœur, à l’est, la sacristie construite vers 1763-1764. Le clocher-porche est accolé au pignon ouest.

Les comptes rendus de la visite pastorale Mgr de La Rochefoucauld en 1738 et des visites des archidiacres de Sancerre au cours de la seconde moitié du 18e siècle dénoncent le très mauvais état de l’édifice, tant dans sa structure que dans l’aménagement intérieur, des ornements et des vases sacrés. La paroisse, très pauvre, dut subir les graves désordres exercés par les protestants dans la région, pendant le siège de Sancerre en 1573.

En 1853, la commune projette d’agrandir l’église. Elle confie la réalisation à Charles Guillard, architecte de l’arrondissement de Sancerre. Après quelques aménagements – le projet initial était trop ambitieux et trop onéreux – les travaux furent réalisés au second semestre 1855 : sont ajoutés une seconde chapelle latérale au nord, le chœur à l’est et deux sacristies. Soixante-deux hommes œuvrent bénévolement pendant que trente-huit voitures du village, à titre gratuit, transportent les matériaux. Quatre-vingt-trois personnes font un don en argent. La liste de ces personnes est inscrite dans le registre des délibérations de la fabrique. Les vitraux installés sont en verre ordinaire montés sur plomb formant losange de sept centimètres de côté.

Les terribles orages des 27 et 28 juillet 1872 font des dégâts importants : des milliers de tuiles sont envolées ou cassées et les vitraux détruits.

Les plus anciens vitraux, non datés et non signés, se trouvent dans le chœur, sauf le vitrail central qui est de facture moderne, réalisé par le maître verrier Maurice Max-Ingrand en 1961. Les vitraux des chapelles sont plus récents, posés progressivement de l’autel vers le clocher entre 1881 et 1899. Les grisailles ont été réalisées par Charles Jurie de Bourges alors que les vitraux représentant un personnage ou une scène biblique sont l’œuvre d’artistes tourangeaux (Lobin, Fournier et Clément).

En 1884, le clocher, dans un état de grande dégradation, est restauré. Le plâtrage des murs et des voûtes, ainsi que le pavage du sanctuaire sont refaits en 1892. En 1942, l’abbé Louis Farcet fait installer l’électricité.

En 1964, à la diligence de l’abbé Pierre Clament, d'importants travaux d'aménagement sont entrepris. Le maître-autel, allégé de sa partie supérieure, est avancé au milieu du chœur. La grille de communion est retirée. Le carrelage est rehaussé ; l'allée centrale, ainsi que le chœur, sont dallés de pierre de Suilly-la-Tour (Nièvre) avec motifs Opus romanum. Les murs intérieurs sont enduits à la chaux. Un nouvel autel est installé dans la chapelle Saint-Vincent. Là encore, comme en 1855, les hommes de la commune apportent gratuitement leur concours.

Le presbytère

Au 17e siècle, la paroisse de Verdigny n’avait pas de presbytère à mettre à la disposition de son desservant. Sans préjuger de la situation antérieure, il semblerait que cet état de fait perdurait depuis fort longtemps. Le curé louait une maison dans le village aux frais de la communauté.

En 1660, Romble Moreux, procureur syndic de la paroisse, s’engage à faire construire dans l’espace d’un an un presbytère où se trouvait autrefois "la grande maison", près de l’église. Trois décennies plus tard, lors de son installation le 26 octobre 1692, Lherault, nouveau curé de Verdigny, proteste car il n’y a point de maison curiale. De fait, il sera remplacé par Paul Fortet en juin 1693 après un intermède assuré par le curé de Sury-en-Vaux et les religieux augustins de Saint-Satur.

Au milieu du 18e siècle, la situation n’avait toujours pas évolué. Le 24 juin 1757, l’assemblée des habitants présidée par Henri Vatan, syndic de la paroisse, décide de faire construire un presbytère. Cette fois-ci, la décision sera appliquée.

Le presbytère est vendu comme bien national en 1796. Après être passé entre les mains de plusieurs particuliers, il est racheté par la commune en 1823.

La paroisse

Sous l’Ancien Régime, hormis les actes de baptême-mariage-sépulture, nous n’avons aucune indication relative à la vie paroissiale. Les visites du 18e siècle évoquées ci-dessus, menées comme des revues de casernement, n’apportent aucune indication sur l’aspect spirituel.

En 1791, la commune de Verdigny demande au Directoire du département la conservation de sa paroisse, ce qui n’empêche pas la municipalité de dénoncer le 1er août suivant "le Sr Douesgue ci-devant curé de Verdigny comme perturbateur de l'ordre public." En janvier 1792, la municipalité et une partie des habitants lui demandent de remettre "la somme de 200 livres tournois provenant d'une confrérie établie dans l’église de Verdigny entre les mains de ceux que la loi désigne."

Suite au départ vers mai 1794 de Jean-Baptiste Chapon, curé intrus et membre du Conseil municipal de 1792 à 1794, qui ne semble pas avoir été remplacé et durant toute la première moitié du 19e siècle, la paroisse n’est plus desservie. Elle est réunie en 1803 à la succursale de Saint-Satur.

L’église de Verdigny est érigée en succursale par l’ordonnance royale du 22 juillet 1844. Le premier curé, Jean-Baptiste Aubert, est installé le 1er août 1845. Il décède à Verdigny le 11 février 1852, âgé de 66 ans. Il est remplacé par Pierre Jules Augonnet qui fera agrandir l’église. Avec le maire Florent Neveu, il fera toutes les démarches administratives nécessaires à la réalisation du projet. Les comptes rendus de délibérations communales relatives à cette affaire sont rédigés de sa main.

La mairie-école

En 1874, la municipalité projette de construire une mairie-école. Ou se trouvait la mairie jusqu’alors ? Aucune source écrite ne permet de répondre. Le maire conservait-il par-devers lui les papiers communaux ? Le dossier est à nouveau confié à Charles Guillard. La première tranche de travaux comprend l’aile nord-est et la partie centrale. Dès cette époque, l’aile sud-ouest est envisagée mais pas incluse dans l’étude, faute de budget probablement. Le marché est adjugé en juin 1877 à Paulin Auroy, entrepreneur à Sancerre. Le bâtiment est fonctionnel à la rentrée d’octobre 1878. La partie centrale comprend une classe de garçons et une classe de filles. Le logement de l’instituteur est dans l’aile. La mairie occupe une pièce au premier étage.

Début 1882, il est décidé d’agrandir les locaux : l’aile sud-ouest comprendra un logement et une pièce pour la mairie en rez-de-chaussée. L’architecte Charles Guillard coordonne une nouvelle fois les travaux. La réception est faite en janvier 1884.

Démographie

Il n’existe pas de recensement sous l’Ancien Régime ; seuls les registres fiscaux nous donnent un aperçu de la population à un instant donné. Mais ils précisent seulement les noms des chefs de familles assujettis à l’impôt (tailles, gabelles, vingtièmes…) avec le montant dû. On parle alors de feu, appellation qui désigne une famille de quatre à cinq personnes.

En 1565, Verdigny compte 44 feux, soit une population comprise entre 180 et 220 personnes. Le rôle des tailles pour l’année 1694 donne 59 feux. Au cours du 18e siècle, Verdigny passe progressivement de 48 feux en 1709 à 90 feux en 1790 avec quelques inflexions.

En floréal an II (avril 1794), 405 habitants (dont 79 sont âgés de moins de dix ans, soit 20 %) résident dans la commune. Le recensement effectué en l’an VII (1798-1799) donne 407 habitants. Pour la première fois, la liste des familles est dressée avec le nom et l’âge des individus qui la composent. Stable depuis la fin de l’Ancien Régime, la population tombe à 354 habitants en 1806. Elle atteint son maximum en 1891 à 553 habitants. Elle va ensuite décroître progressivement jusqu’à 296 habitants en 1946. Depuis cette date, la population varie très peu, atteignant au maximum 323 habitants en 1968.

Informations sur la mairie

Téléphone : 02 48 79 35 01

14, rue Saint-Vincent
18300 Verdigny

Horaires d’ouverture :
Le lundi de 13h30 à 18h00
Le mercredi de 9h00 à 12h00 et
de 13h30 à 18h00
Le vendredi de 13h30 à 18h00